Les États-Unis sanctionnent des exchanges crypto liés à l’Iran : un tournant historique pour la régulation mondiale
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C’est une première.
Fin janvier 2026, le Trésor américain a officiellement sanctionné des plateformes crypto dans le cadre de son programme de sanctions contre l’Iran. Jusqu’ici, Washington visait surtout des individus, des banques ou des sociétés écrans. Désormais, les exchanges crypto entrent directement dans le viseur.
Ce n’est pas un détail. C’est un changement de doctrine.
Ce qui a été annoncé
Le US Treasury Department, via son bureau des sanctions (Office of Foreign Assets Control), a désigné deux exchanges crypto enregistrés au Royaume-Uni :
Zedcex Exchange Ltd.
Zedxion Exchange Ltd.
Selon les autorités américaines, ces plateformes auraient servi de canaux financiers alternatifs pour des réseaux liés à l’Iran, notamment pour contourner les sanctions internationales.
OFAC précise qu’il s’agit de la première fois qu’un exchange crypto est sanctionné en tant qu’acteur du secteur financier iranien.
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Qui est au cœur du dossier
Deux noms ressortent clairement.
🔹 Eskandar Momeni Kalagari
Ministre iranien de l’Intérieur, en charge des forces de l’ordre, accusé de diriger des opérations de répression violente contre la population.
🔹 Babak Zanjani
Homme d’affaires iranien tristement célèbre, déjà condamné par le passé pour le détournement de milliards de dollars de revenus pétroliers.
Selon le Trésor américain :
Zanjani aurait été libéré puis réutilisé par l’État iranien
Il aurait contribué à déplacer et blanchir des fonds
Ces flux auraient bénéficié à des projets liés aux Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC)
Les exchanges sanctionnés seraient directement liés à ses opérations.
Des chiffres qui expliquent la sévérité de la décision
L’un des points les plus frappants concerne le volume.
OFAC affirme que Zedcex aurait traité plus de 94 milliards de dollars de transactions depuis 2022.
Ce chiffre, à lui seul, explique pourquoi Washington parle désormais de :
“menace systémique via les actifs numériques”.
Ce n’est plus de la petite évasion marginale. C’est de la finance parallèle à grande échelle.
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Le rôle clé des stablecoins
Cette annonce arrive dans un contexte très précis.
Quelques jours plus tôt, la société d’analyse blockchain Elliptic révélait que la banque centrale iranienne aurait accumulé plus de 500 millions de dollars en USDT.
Objectif supposé :
soutenir un rial en chute libre
régler des échanges commerciaux internationaux
reproduire des mécanismes de banque centrale… via la crypto
Le rial iranien a perdu environ 50% de sa valeur en moins d’un an. Dans ce contexte, les stablecoins deviennent un outil monétaire de survie.
Et c’est exactement ce que Washington veut bloquer.
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Ce que cette décision change vraiment pour la crypto
Contrairement aux apparences, ce n’est pas une attaque contre Bitcoin ou la crypto en général.
C’est autre chose.
1) Les États reconnaissent la crypto comme une vraie infrastructure financière
On ne sanctionne pas quelque chose d’insignifiant. Ces mesures montrent que la crypto est désormais traitée comme un pilier financier à part entière.
2) Les plateformes centralisées deviennent des cibles géopolitiques
Les exchanges ne sont plus seulement des entreprises tech. Ils sont désormais des points de contrôle stratégiques.
Cela va accélérer :
la pression réglementaire
les exigences KYC/AML
la segmentation géographique des plateformes
3) La blockchain, elle, reste transparente
Ironie du sort : Ce sont précisément les traces onchain qui permettent aujourd’hui de documenter ces réseaux.
La technologie n’est pas opaque. Elle est traçable — et de plus en plus exploitée par les États.
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Cette décision marque un avant et un après.
Les États-Unis envoient un message clair :
la crypto ne peut plus être utilisée comme “zone grise géopolitique”
les plateformes centralisées devront choisir leur camp
et les stablecoins sont désormais perçus comme des instruments de politique monétaire
Mais pour le marché, le signal est paradoxalement bullish à long terme.
Pourquoi ?
Parce que : - plus de sanctions = plus de reconnaissance - plus de contrôle = plus de clarté - plus de clarté = plus de capitaux institutionnels
La crypto n’est plus en marge du système mondial.
Elle est devenue suffisamment importante pour être sanctionnée.
Et dans l’histoire des marchés, c’est souvent le signe qu’un actif est là pour rester.